C’était ma première séance photo mêlant latex et ballet, et l’atmosphère portait cette sensation évidente de seuil : la conscience silencieuse que quelque chose commençait et ne pourrait plus être arrêté. Je portais un body en latex blanc superposé à un haut noir, associé à un pantalon d’équitation en latex aux lignes épurées qui suivait chaque contour avec une précision délibérée. L’ensemble semblait audacieux, presque futuriste, tout en restant suffisamment maîtrisé pour conserver une certaine retenue.
À l’extérieur, encadré par des structures métalliques et des surfaces de verre, le décor introduisait un contraste architectural marqué avec la douceur organique du corps humain. L’air était froid, intensifiant chaque sensation contre le latex et accentuant la conscience plutôt que de l’atténuer. Pendant un instant, je me suis sentie suspendue entre deux mondes : la rigueur classique des studios de ballet et la clarté industrielle du paysage urbain.
Au début, le mouvement paraissait inhabituel, presque réajusté. Le latex réagit différemment du tissu ; il exige de la précision et révèle la moindre hésitation. Chaque ajustement de posture, chaque extension de la jambe ou chaque déplacement du poids demandait un contrôle conscient. Pourtant, à mesure que la séance avançait, l’instinct a commencé à remplacer l’incertitude. En m’étirant en arabesque, en trouvant l’équilibre face à la géométrie urbaine, j’ai laissé la matière façonner ma perception plutôt que de la restreindre.




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